Alternative open source à un NAS Synology : la vraie question à se poser
Alternative NAS Synology : plus qu'une histoire de fonctionnalités, c'est une question de contrôle. TrueNAS, OpenMediaVault ou Unraid, comment choisir.

Alternative open source à un NAS Synology : la vraie question à se poser
Un NAS Synology, c’est ce petit boîtier posé sur une étagère qui stocke vos fichiers, vos photos et vos sauvegardes sans que vous ayez à les confier entièrement à un cloud. Son succès tient à sa simplicité : on le branche, on suit l’assistant, et ça marche. Mais cette facilité a un prix caché : le système d’exploitation de Synology, DSM, ne tourne que sur le matériel Synology, et c’est Synology seul qui décide de son avenir. On se met en général à chercher une alternative open source à un NAS Synology après que ce compromis a cessé d’en valoir la peine, rarement parce qu’on rêvait d’une fiche technique plus longue. Un modèle arrêté, un abonnement qui apparaît là où il n’y en avait pas, ou simplement le malaise de ne pas pouvoir ouvrir le capot d’une machine qui garde les photos de famille : c’est souvent un déclic précis qui pousse à chercher ailleurs.
Ce réflexe pointe vers quelque chose de plus durable qu’un simple comparatif de boîtiers. La bonne question n’est pas « quel appareil a le plus de baies de disques » ni « quel magasin d’applications est le plus joli ». C’est qui contrôle réellement la machine que vous avez payée, et ce qui se passe dans quelques années si le fabricant change d’avis.
Pourquoi « alternative » veut dire contrôle, pas fonctionnalités
Synology vend un ensemble scellé : on achète le matériel et le logiciel ensemble, et DSM n’est autorisé à tourner que sur les cartes Synology. Si Synology arrête un modèle, cesse de le mettre à jour, ou fait payer une fonctionnalité jusque-là gratuite, il n’existe aucun moyen légal de continuer à faire tourner ce logiciel sur un autre matériel, et aucun moyen d’inspecter ce que le logiciel fait réellement de vos données. Ce n’est pas une critique de la qualité de fabrication, généralement solide. C’est la description d’une boucle fermée : une seule entreprise décide de la feuille de route matérielle, de la feuille de route logicielle et du chemin de mise à jour, tout à la fois.
Le logiciel open source ouvre cette boucle. Le code source, les instructions que la machine exécute réellement, est publié sous une licence qui permet à n’importe qui de le lire, de le modifier et de le faire tourner sur un matériel que le fabricant n’a jamais validé, ni même imaginé. Concrètement, pour un NAS, cela se traduit par trois choses utiles : on peut monter ou recycler sa propre machine plutôt que d’acheter un boîtier scellé, on peut vérifier ce que fait le logiciel plutôt que de croire un fabricant sur parole, et si le développeur d’origine disparaît ou change de cap, quelqu’un d’autre peut reprendre le projet, parce que le code n’est enfermé dans aucun coffre-fort.
Rien de tout cela ne signifie que Synology serait un mauvais choix. Pour quelqu’un qui veut un NAS qui fonctionne dès la sortie de la boîte et qu’on n’a plus jamais besoin d’ouvrir, le soin apporté à DSM est un vrai avantage, pas un défaut à excuser. La bascule vers l’open source s’adresse à un lecteur précis : celui qui veut récupérer ce contrôle, quitte à accepter un peu plus de configuration.
Synology DSM — le système reste lié au matériel Synology.
TrueNAS SCALE : l’option open source pensée pour le contrôle
TrueNAS, développé par l’entreprise iXsystems, est réellement open source, sous une licence qui permet à quiconque d’inspecter et de redistribuer le code. Pendant des années, il existait sous deux formes séparées : TrueNAS CORE, bâti sur une base de type Unix appelée FreeBSD, et TrueNAS SCALE, bâti sur Linux. iXsystems a depuis concentré ses efforts de développement sur SCALE. CORE a atteint sa dernière version au printemps 2025 — la 13.3-U1.2, sortie le 29 avril 2025 — et ne reçoit désormais plus que des correctifs de maintenance et de sécurité, aucune nouvelle fonctionnalité. SCALE est la version activement développée, celle qu’iXsystems recommande pour l’avenir. Qui compare aujourd’hui les deux doit considérer SCALE comme la réponse actuelle, et non comme une option parmi deux branches vivantes.
Pour un lecteur venant de Synology, cela signifie que TrueNAS SCALE tourne sur du matériel PC ordinaire : une vieille station de travail, une carte pensée pour le NAS, ou même un bureau de récupération, plutôt que sur le boîtier scellé d’un seul fabricant. Il s’adresse à ceux qui veulent les fonctions de stockage de fichiers et de sauvegarde auxquelles les utilisateurs de Synology sont habitués, plus la possibilité de faire tourner d’autres services en parallèle, sans qu’une seule entreprise décide de ce que la machine a le droit de faire. Le compromis est réel : y arriver demande plus d’aisance avec la configuration que brancher un boîtier Synology et cliquer sur un assistant. TrueNAS SCALE récompense celui qui accepte de passer un après-midi à s’installer une fois, en échange de plusieurs années sans dépendre de la feuille de route d’un seul fabricant.
TrueNAS SCALE — la branche activement développée, désormais recommandée par iXsystems.
OpenMediaVault : l’option open source plus légère
OpenMediaVault, généralement abrégé en OMV, est l’autre option réellement open source à connaître, sous licence GPLv3 (une licence qui impose que toute version modifiée reste elle aussi ouverte). Construit sur Debian, une base Linux très répandue, il est délibérément plus léger que TrueNAS SCALE : il demande moins de ressources au matériel qui le fait tourner, ce qui en fait un choix réaliste pour des machines plus anciennes ou moins puissantes, qui peineraient à faire tourner TrueNAS SCALE confortablement.
La différence pratique entre les deux n’est pas l’ouverture du code, les deux sont open source avec des mainteneurs actifs, mais l’ambition et l’échelle. OMV convient bien à celui qui recycle un vieux portable ou un mini PC peu puissant en simple espace de stockage et de sauvegarde. TrueNAS SCALE convient mieux à celui qui veut cela, plus de la place pour faire tourner des services plus exigeants sur la même machine. Aucun des deux n’est objectivement « meilleur » : ils sont taillés pour des matériels et des niveaux de complexité différents.
OpenMediaVault — un système NAS sous Debian pensé pour demander moins au matériel.
Unraid ressemble à une alternative, mais n’est pas open source
Voici l’endroit où la plupart des comparatifs « alternative à Synology » se trompent discrètement, et cela compte précisément pour le lecteur visé par cet article. Unraid, développé par l’entreprise Lime Technology, revient sans cesse dans ces comparatifs parce qu’il permet, lui aussi, de monter son propre NAS sur le matériel de son choix, en mélangeant des disques de marques différentes d’une façon que Synology n’autorise pas. Cette liberté vis-à-vis du matériel imposé par un fabricant est bien réelle.
Mais Unraid n’est pas un logiciel open source. C’est un système d’exploitation propriétaire, à code fermé, vendu sous licence payante à vie. Cette licence a longtemps été liée à une clé USB physique qui devait rester branchée pour que le système démarre ; depuis la version 7.3 (mai 2026), Unraid peut aussi ancrer la licence à la carte mère via une puce TPM et démarrer depuis le stockage interne, ce qui rend la clé USB physique non plus strictement obligatoire. On ne peut pas lire l’intégralité de son code source, et on ne peut pas légalement le redistribuer ou en créer une variante indépendante, contrairement à TrueNAS SCALE ou OpenMediaVault. Certains morceaux à l’intérieur d’Unraid, comme le noyau Linux sur lequel il repose ou certains composants de système de fichiers, sont bien open source, parce qu’Unraid s’appuie dessus, mais le système dans son ensemble, le produit que vend Lime Technology, ne l’est pas.
Cette distinction compte précisément parce que le mot « alternative » recouvre deux choses différentes dans une recherche comme celle-ci. Si l’on veut se libérer du matériel imposé spécifiquement par Synology, Unraid offre bel et bien cette liberté-là. Si l’on veut pouvoir inspecter, modifier ou maintenir soi-même le logiciel, ce n’est plus la même liberté, et Unraid ne l’offre pas. Confondre les deux est l’erreur la plus fréquente de toute cette catégorie de comparatifs, et mieux vaut le signaler clairement plutôt que de laisser Unraid se glisser dans une liste où il n’a pas sa place.
Unraid — la liberté du matériel, mais un système d’exploitation payant et fermé.
Comparer le modèle de contrôle, pas la fiche technique
Les prix, les numéros de version exacts et les catalogues d’applications changent en permanence et n’apprennent pas grand-chose qui reste vrai l’année suivante. Ce qui ne change pas aussi vite, c’est qui détient les clés. Voici comment les principales options se positionnent sur cet axe :
| Synology DSM | TrueNAS SCALE | OpenMediaVault | Unraid | |
|---|---|---|---|---|
| Code source ouvert | Non | Oui | Oui | Non (certains composants seulement) |
| Tourne sur votre propre matériel | Non, matériel Synology uniquement | Oui | Oui | Oui |
| Le fabricant peut arrêter le support seul | Oui | Aucun fabricant unique ne le peut | Aucun fabricant unique ne le peut | Oui |
| Effort d’installation vs Synology | Le plus faible | Plus élevé | Modéré | Modéré |
| Convient à | Ceux qui veulent que ça marche tout seul | Ceux qui veulent le contrôle et de la marge de manœuvre | Ceux qui veulent le contrôle sur du matériel modeste | Ceux qui veulent choisir leur matériel, sans souci pour le logiciel fermé |
Ce tableau n’est pas un match avec un gagnant entouré en bas de page. Il montre surtout que le mot « alternative » recouvre deux questions qu’on confond en permanence : la liberté vis-à-vis du matériel d’un fabricant précis, et la liberté d’inspecter et de contrôler le logiciel lui-même. TrueNAS SCALE et OpenMediaVault répondent aux deux. Unraid ne répond qu’à la première.
Ce qui change vraiment si vous basculez
Quitter un NAS de fabricant scellé ne change pas seulement le logo sur le boîtier : cela change ce qui se passe dans la durée. Avec Synology, c’est l’entreprise qui fixe le rythme : quand un modèle est abandonné, quand une fonctionnalité passe derrière un abonnement, quand une application est arrêtée. Avec un système open source comme TrueNAS SCALE ou OpenMediaVault, cette prise de décision revient au lecteur, et pour les parties qu’il ne veut pas gérer lui-même, à une communauté ouverte plutôt qu’à la feuille de route d’une seule entreprise. Si l’organisation qui maintient le projet changeait de cap demain, le code continuerait d’exister, resterait légalement réutilisable, et d’autres développeurs pourraient reprendre le flambeau. Cette garantie de continuité est le véritable bénéfice durable d’une alternative open source, pas une liste de fonctionnalités plus longue.
Le coût honnête se trouve de l’autre côté de la balance : une plus grande part de la responsabilité des sauvegardes, des mises à jour et du dépannage retombe sur le lecteur, et non sur une hotline de support. C’est un compromis juste pour quelqu’un qui cherchait le contrôle dès le départ. C’est un moins bon compromis pour quelqu’un qui voulait simplement un boîtier qui fonctionne et qu’on n’a plus jamais besoin de regarder, et pour ce lecteur-là, rester sur un système de fabricant scellé n’est pas une erreur : c’est un choix raisonnable, pour d’autres priorités.
Questions fréquentes
TrueNAS est-il vraiment gratuit ?
TrueNAS SCALE, la version activement développée par iXsystems, est un logiciel libre et open source que n’importe qui peut télécharger, installer et modifier gratuitement. iXsystems vend aussi des appareils matériels préassemblés qui font tourner TrueNAS, pour ceux qui ne veulent pas monter leur propre machine, mais faire tourner le logiciel lui-même sur son propre matériel ne coûte rien.
Pourquoi Unraid apparaît-il dans autant de listes « d’alternatives open source » s’il n’en est pas une ?
Unraid se retrouve regroupé avec les options open source parce qu’il partage un vrai point commun avec elles : il permet de monter son propre serveur sur le matériel de son choix, plutôt que d’acheter un boîtier de fabricant scellé. C’est une ressemblance réelle. Mais le système d’exploitation en lui-même est propriétaire et vendu sous licence payante, ce qui est une question distincte de celle du choix du matériel.
Puis-je transférer mes fichiers d’un NAS Synology vers TrueNAS SCALE ou OpenMediaVault ?
Déplacer des fichiers d’un NAS Synology vers TrueNAS SCALE ou OpenMediaVault fonctionne, dans la mesure où les deux systèmes lisent les formats de fichiers et les protocoles réseau standards : des fichiers copiés depuis un boîtier Synology peuvent être copiés vers l’un ou l’autre système. Il n’existe aucun outil de migration automatique en un clic conçu par Synology pour cela, puisque Synology n’a aucune raison de faciliter le départ de son écosystème. Le transfert se fait donc manuellement, fichier par fichier, plutôt que par une conversion sur place.
Faut-il du matériel spécial pour faire tourner TrueNAS SCALE ou OpenMediaVault ?
Aucun matériel NAS dédié n’est nécessaire pour faire tourner TrueNAS SCALE ou OpenMediaVault. Les deux systèmes tournent sur des composants PC ordinaires : un bureau de récupération, une vieille station de travail, ou une petite carte conçue pour l’usage, du moment qu’elle dispose d’assez de baies ou de ports pour les disques concernés. TrueNAS SCALE demande généralement plus de puissance de calcul et de mémoire qu’OpenMediaVault, ce qui explique pourquoi OMV convient mieux aux machines plus anciennes ou moins puissantes.
Est-il plus difficile de maintenir un NAS open source qu’un boîtier Synology ?
Maintenir un NAS open source est généralement plus exigeant que faire tourner un boîtier Synology, du moins au départ. Le DSM de Synology est conçu pour minimiser les décisions à prendre : il se configure en grande partie tout seul et présente une interface soignée pour le reste. TrueNAS SCALE et OpenMediaVault attendent de la personne qui les fait tourner qu’elle comprenne davantage sa propre installation, en échange de ne plus dépendre des décisions d’un seul fabricant sur ce que le matériel et le logiciel ont le droit de faire dans la durée.
Ce qu’il faut retenir
La vraie question derrière « alternative open source à un NAS Synology » n’est pas de savoir quel boîtier a la meilleure fiche technique cette année, mais si le lecteur veut qu’une entreprise continue de décider à sa place pour son stockage, ou s’il préfère prendre ces décisions lui-même. TrueNAS SCALE et OpenMediaVault sont les options qui rendent réellement ce contrôle, parce que leur code est ouvert et que leur logiciel tourne sur le matériel choisi par le lecteur. Unraid rend la liberté du choix matériel, mais pas celle du logiciel, une vraie différence à connaître avant de le ranger dans la même case que les autres. Aucun des deux chemins n’est mauvais en soi. Ce qui compte, c’est de choisir celui qui correspond à la raison pour laquelle on s’est mis à chercher une alternative.